mardi 25 novembre 2008

Siné Hebdo #12 : La Mondialisation réussie


26 novembre २००८

Site web :
Thierry « Titi » Robin : http://www.thierrytitirobin.com/

Un morceau:
La Rose de Jaipur (Un Ciel de Cuivre, 2000) superpose le chant de l'indienne Gulabi Sapera à celui du catalan Farid "Roberto" Saadna, les guitares de Robin et de Saadna, et l'accordéon de Gabriel Levasseur...

mardi 18 novembre 2008

Siné Hebdo #11 : La Maison Noire


19 novembre २००८

Les morceaux cités:
Strange Fruit de Billie Holiday
Mississippi Goddam de Nina Simone
A Change is Gonna Come de Sam Cooke
Someday We'll All be Free de Donny Hathaway
Ball of Confusion des Temptations
Fight the Power des Isley Brothers
Yes We Can de Lee Dorsey
Yes We Can de Will I Am
Black President de Nas
Young, Gifted and Black de Nina Simone
Say it Loud, I'm Black and I'm Proud de James Brown
Funky President de James Brown
One Nation Under a Groove de George Clinton
Chocolate City de George Clinton
Work Song de Nina Simone
Short Eyes de Curtis Mayfield
Court Room des Last Poets
Locked Up de Akon
The Revolution Will Not Be Televised de Gil Scott Heron

Un morceau :
Parmi les morceaux cités, Someday We'll All be Free dont la version d’Aretha Franklin, dans la BO de « Malcolm X » (de Spike Lee, 1992), est encore plus belle que l’originale

Autres morceaux pour la BO de l’élection de Barack Obama :
Black, Brown and Beige de Duke Ellington
Black, Brown and White de Big Bill Broonzy
Just a Dream de Big Bill Broonzy
Ol' Man River de Paul Robeson
We Shall Overcome de Mahalia Jackson
People Get Ready des Impressions
Keep on Pushing des Impressions
Choice of Colors des Impressions
We're a Winner des Impressions
Only the Strong Survive de Jerry Butler
Respect
de Otis Redding
Respect Yourself des Staple Singers
Long Walk to D.C. des Staple Singers
I'll Take You There
des Staple Singers
Mama Rose
de Archie Shepp
Give More Power to the People des Chi-Lites
Black Pearl de Sonny Charles and the Checkmates
Hard Times de Baby Huey & The Babysitters
Hang on in There de Mike James Kirkland
Wholly Holy de Marvin Gaye
What's Going On? de Marvin Gaye
Why can't we live together? de Timmy Thomas
I Don't Want Nobody to Give Me Nothing (Open Up the Door, I'll Get it Myself) de James Brown
I Am Somebody
de Johnnie Taylor
I could never be president de Johnnie Taylor
Is it Because I'm Black? de Syl Johnson
Am I Black Enough for You? de Billy Paul
Don't Call me Nigger, Whitey de Sly and the Family Stone
Paint the White House Black de George Clinton
Compared to What? de Roberta Flack
Run Charlie Run des Temptations
Message From a Black Man, des Temptations
The Tower de Ice T
War de Edwin Starr
Stop the War des Impressions
We Got to Have Peace de Curtis Mayfield
Ghetto Man de Marvin Sease
Ghetto Child de Johnny Copeland
Ghetto Child des Spinners
Ghetto Life de Rick James
The Ghetto des Staple Singers

The Ghetto de Donny Hathaway
Little Ghetto Boy de Donny Hathaway
In the Ghetto de Elvis Presley
Woman of the Ghetto de Marlena Shaw

A Star in the Ghetto de Ben E. King
Santa Claus goes Straight to the Ghetto de James Brown

The World Is a Ghetto de War
Every Ghetto Every City de Lauryn Hill
Village Ghetto Land de Stevie Wonder
Let's Clean Up the Ghetto des Philadelphia All Stars
Out of the Ghetto de Isaac Hayes
Soulville de Isaac Hayes

Concrete Reservation de Syl Johnson
Inner City Blues de Marvin Gaye

Superfly de Curtis Mayfield
Fight the Power de Public Enemy
Fuck tha Police de NWA
You Haven't Done Nothin' de Stevie Wonder
Signed, Sealed, Delivered, I'm Yours de Stevie Wonder
Living for the City de Stevie Wonder

Quelques images de George Clinton:
Parliament, Chocolate City, १९७५
Tell 'em to make sure they got their James Brown pass
And don't be surprised if Ali is in the White House

Reverend Ike, Secretary of the Treasure
Richard Pryor, Minister of Education
Stevie Wonder, Secretary of FINE arts
And Miss Aretha Franklin, the First Lady


Funkadelic, One nation under a groove, १९७८

Hey Man, Smell My Finger, 1993

Musique vivante en France cette semaine :
17-31 novembre
Marseille: Fiesta des Suds avec entre autres Richie Havens, Ceux qui Marchent Debout, Herbie Hancock, Omara Portuando, Nneka, Asian Dub Foundation, Rokia Traore, Bashung: http://www.dock-des-suds.org/
21-22 novembre
Sunset (Paris): Ben Sidran
21 novembre
La Grange Dimière (Fresnes): Le Garage Rigaud

mardi 11 novembre 2008

Siné Hebdo #10 : Origines Contrôlées en concert


१२ novembre २००८

Suite de l'interview de Mouss et Hakim:

Dror : Comment bien doser musique et politique, à votre avis ?
Mouss et Hakim : On a appris avec les Motivés que c’était bien de s’entourer de militants, avec une réflexion poussée, mais c’est important aussi l’action. C’est pour ça qu’on aime bien aussi les gens de terrain, le MIB (1) par exemple, ou les gens du Forum Social des Quartiers Populaires (2). Par exemple, on est allé partout où Bové nous appelait, et on l’aime bien, Bové, mais quand on l’invite au Forum Social des Quartiers Populaires, il ne vient pas, il n’a pas le temps. Alors on a monté Tactikollectif et, en tant que musiciens, on est prêts à intervenir dans toutes les mobilisations si on nous appelle, pour les sans-papiers, la Palestine, des grèves...
D : Pouvez-vous m'expliquer ce que sont les « scopitones » ?
M & H : C’est les clips des années 60. Il y avait des lecteurs de scopitones, c’était des jukebox vidéos, dans les bars : tu mettais un franc et y avait une petite vidéo. Et ces artistes immigrés en on fait, c’est un vrai patrimoine qui existe. Dans la revue (3), on a fait ce travail de recherche, on explique un peu les modes de production. Il y a un film qui s’appelle Trésors de Scopitones (4), un film qui retrace cette histoire-là.
D : Les Français n’écoutaient pas cette musique, elle n’était pas non plus exportée en Algérie, il n’y avait donc que les immigrés qui l'écoutaient ?
M & H : Oui, mais ça suffisait pour faire exister des artistes qui continuaient à travailler, à écrire...
D : C’était une façon originale de diffuser la musique. Peut-être que c’est le moment de penser à des formes originales de diffusion, avec la crise du disque ?
M & H : Exactement. Au départ, on s’appuyait aussi là-dessus nous-mêmes, en tant que musiciens. On se dit : c’est quoi notre rôle quand tu regardes ce qu’ont fait ces artistes-là, leur place dans l’histoire? Donc la transmission, nous, c’est ça qu’on aime, en fait. Ca nous permet de nous replonger dans ce répertoire, ce patrimoine, de le comprendre mieux, et aujourd’hui de se rendre compte qu’il est partageable, c’est quand même vachement intéressant.
D : Mais écrire vos propres textes c’est bien aussi ?
M & H : Bien sûr qu’on y reviendra, mais c’est un passage, c’est une période de notre vie de musiciens...
D : Certains des artistes que vous reprenez, c’est plutôt vos parents qui les écoutaient, mais vous, dans votre enfance ?
M & H : Á 15 ans, on a halluciné ! 15 piges, tu vois arriver Carte de Séjour (5), un groupe de rock qui chante en arabe, Zoubida, la Rhorhomanie... Pour moi, ce qu’il y a de plus contemporain dans cette histoire, c’est Carte de Séjour.
D : Et Djamel Allam ?
M & H : C’était plus « folk », un peu comme Idir. Idir c’est la musique qui l’a fait immigrer. Mais c’est un des premiers qui est passé à la télé française. Après il y en a d’autres comme Matoub Lounes ou Ait Menguellet, mais ils font des allers et retours, ce ne sont pas des immigrés.
D : Et aujourd’hui, est-ce qu’il existe une musique spécifique des migrants ?
M & H : Aujourd’hui, ce n’est pas du tout la même période. La période de Silman Azem, Dahmane El Harrachi, c’est une période qui est emplie du mythe du retour, c’est une période où il n’y a pas de mondialisation. Aujourd’hui, c’est plutôt l’aller-retour, même au niveau de la musique, parce qu’ils ont les mêmes influences que toi et moi, même s’ils ont grandi en Algérie ou au Maroc. Ils ont écouté du rock, ils ont écouté autre chose. Peut-être que tu vas la trouver plus dans le rap, du rap en arabe.
Mais les thèmes sont les mêmes : il y a le rapport au racisme, la discrimination, les sans-papiers... Dans cette parole-là, avec les enfants de l’immigration, on a été parmi ceux, avec Zebda, qui sont le prolongement direct de cette histoire. On n’est pas dans le prolongement artistique, c’est pour ça qu’on le situe dans le domaine historique, mais il y a un lien de sens très fort qui fait qu’il y a un prolongement. Il y a une évolution générationnelle. Il y a quelque chose qui fait qu’aujourd’hui les clivages culturels sont bien moins importants qu’ils ne l’étaient à l’époque de Sliman Azem.
D : J’ai lu quelque part que lors de votre dernière interview pour Charlie Hebdo, à l’époque de Zebda, vos propos avaient été censurés. Peux-tu nous raconter ?
M & H : En 1999, on avait fait une émission à la télé avec Michel Field et il nous avait dit : « Vous faites ce que vous voulez », alors on avait invité le MIB, et on avait fait toute notre émission autour de la double peine, avec des témoignages magnifiques. Après, on avait fait une interview croisée pour Charlie Hebdo, avec Pierre Carles et Olivier Cyran, autour de cette émission, et on avait exprimé une déception sur la façon dont ça avait été géré, mais on avait quand même été ravis. On avait été tout en nuances en parlant de la télé. Et puis à l’arrivée, dans Charlie Hebdo, ça avait fini par un truc vraiment tronqué où le titre était : « Y a pas d’arrangement avec la télé » alors qu’on en faisait. Ça nous a vraiment fait chier. Nous, on ne fait pas tout et n’importe quoi, on prend le temps d’expliquer, on a l’impression qu’on a affaire à des gens qui peuvent accepter la complexité et, en fait, on se retrouve trahis, dans un truc super simpliste.
Ce n’était pas super, mais ce n’est pas ça qui fait que Charlie, on l’aime pas. C’est plus tard que c’est venu. En 2000, on s’est retrouvés à Millau, dans un concert de soutien avec Zebda, Noir Désir... y avait vraiment du monde. C’était au moment du procès de Bové, c’était un moment vraiment super important, ça venait de partout. Toutes les dynamiques citoyennes, on peut dire ce qu’on veut, elles étaient vraiment présentes. Et là, on arrive et on voit Val qui présente la soirée. « Qu’est-ce qu’il fout là ? » on se demande. On se dit peut-être qu’il est là par conviction ou alors il est là par opportunisme. Et six mois après, il se met à cracher sur tout ça. Alors il était là par opportunisme à 2000%.
D : Un dernier mot sur l’actualité politique ?
M & H : Nos vraies divergences avec Charlie Hebdo, elles sont venues quand on a compris à quel point Val est LE patron. Et, avec ses positions à lui, par rapport à la Palestine, la guerre en Irak, par rapport au Kosovo, toutes ces positions successives : c’est pas possible.
Et si tu ajoutes à ça la question des caricatures, alors c’est le sommet, c’est affligeant. Comment on peut oser prétendre défendre la liberté d’expression alors qu’on laisse La Rumeur (6) inculpé, les gens se faire traîner devant les tribunaux, sans rien dire ? À aucun moment, il n’aura l’humilité de dire à quel point c’est les musulmans les premiers qui ont dérouillé...

(1) MIB : Le mouvement de l’immigration et des banlieues est un groupe militant de terrain dans les banlieues françaises. Il dénonce en particulier les discriminations subies en France par les immigrés et les enfants d’immigrés.
http://mibmib.free.fr/
(2) FSQP : Le forum social des quartiers populaires est la réponse du terrain des banlieues aux forums sociaux altermondialistes de plus en plus bobos. Le deuxième s’est déroulé le mois dernier à Nanterre.
http://fsqp.free.fr/
(3) La revue Origines Contrôlées : Le projet dépasse et précède le CD de Mouss et Hakim puisqu'un festival (voir ci-dessous) et une revue autour de la mémoire de la culture des migrants en France existent depuis 2005.
http://www.tactikollectif.org/
(4) Trésors de Scopitones : C'est un documentaire de 52 minutes de Michèle Collery et Anaïs Prozaic, produit en 1999 par Dum Dum Films et Canal +.
(5) Carte de Séjour : C'est le premier groupe de Rachid Taha, actif dans les années 80 et connu aussi pour sa reprise de Douce France de Charles Trenet
(6) La Rumeur : Groupe de rap français dont le chanteur Mohamed « Hamé » Bourokba a été poursuivi avec acharnement par Nicolas Sarkozy depuis 2002 pour avoir écrit : « Les rapports du ministère de l’Intérieur ne feront jamais état des centaines de nos frères abattus par les forces de police sans qu’aucun des assassins n’ait été inquiété. »

Origines Contrôlées en concert :
8-17 novembre (Toulouse) : 5ème festival Origines Contrôlées, avec des conférences, concerts, humoristes, projections de films, pièces de théâtre, expositions… Avec, entre autres, Maurice El Medioni le 12, Mouss et Hakim le 13 (AOC : mini-concert gratuit dans un bar) et le 17 (avec Akli Yahiaten et l'Orchestre d'Harmonie Herblinois), Soirée Dub le 14, Soirée Hip Hop le 15 et Femi Kuti le 16...
http://www.tactikollectif.org/
21 novembre (Fleury Mérogis)
29 novembre (La Cigale à Paris)
6 décembre (Cholet)

Un morceau:
Maison Blanche (Mouss & Hakim, Origines Contrôlées, 2007). Morceau composé par Cheikh El Hasnaoui en 1948. "Maison Blanche" est le surnom de l'aéroport d'Alger.

mercredi 5 novembre 2008

Siné Hebdo #9 : Cousin québécois


5 novembre २००८

Sites web:
Richard Desjardins: http://richarddesjardins.qc.ca/
Médecins du Monde - Suisse: http://www.medecinsdumonde.ch/agenda-fr62.html
Un morceau: Jenny (Richard Desjardins, Kanasuta, 2003)

Les autres concerts à réserver, avec des vrais morceaux de musiciens dedans:
5-10 novembre Marseille: Festival Tighten Up avec Badume's band, Antibalas et un hommage à Otis Redding
http://www.myspace.com/tightenupfestival
8-17 novembre Toulouse: 5ème festival Origines Contrôlées. Avec des conférences, des concerts, des humoristes, des projections de films, des pièces de théâtre, des expositions. Avec entre autres Maurice El Medioni, Mouss et Hakim, Akli Yahiaten et Femi Kuti
http://www.tactikollectif.org/
9-10 novembre Sunside (Paris): Laika, une nouvelle chanteuse de jazz à découvrir